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Nettoyer les oreilles de mon chien ou de mon chat

Comment Nettoyer les Oreilles de mon chien ou de mon chat ?

Bien que l’on n’y pense pas toujours ou que cela puisse être considéré comme difficile (réticence de votre animal à se laisser faire) le lavage des oreilles fait partie des gestes hygiéniques de base de votre animal. Il est d’autre part indispensable en cas d’otite.

Certaines races de chien à « oreilles tombantes » (Cockers, Labradors, Golden retrievers, Cavalier King charles …) ou poilues (Caniches, Bichons, Yorkshire Terriers…), les peaux à tendance grasse ou les chiens souffrant d’allergies sont en effet prédisposés aux pathologies auriculaires.

Les oreilles des chats, moins fréquemment concernés, peuvent également nécessiter un nettoyage en cas d’excès de sécrétion (Persans, races sans poils…) d’otite infectieuse ou d’allergie.

L’apprentissage de quelques gestes simples mais répétés régulièrement dès le plus jeune âge peuvent ainsi éviter des désagréments ultérieurs et faciliter le traitement des animaux prédisposés aux problèmes auriculaires.

Petit rappel sur l’anatomie de l’oreille :

Le pavillon auriculaire est un entonnoir cartilagineux qui laisse entrevoir l’entrée du conduit auditif externe.Ce dernier est long, aussi bien chez le chien que chez le chat, et divisé en 2 parties, une verticale puis une horizontale.Il se termine par une fine membrane séparant l’oreille externe de l’oreille moyenne : le tympan.

La peau du conduit externe contient des glandes cérumineuses dont la sécretion ou « cerumen » protège le conduit et entretient l’élasticité de la membrane tympanique.

Cette sécrétion est accentuée en cas d’inflammation auriculaire, se traduisant par une oreille « sale » et « pleine » d’un liquide plus ou moins visqueux et coloré de brun à blanc crème en fonction du type d’otite.

anatomie de l'oreille

anatomie de l’oreille

Pourquoi utiliser un liquide de nettoyage ?

 Le nettoyage peut être préventif et permettre le maintien d’un conduit auditif propre et non obstrué ou curatif lors d’otite. Il vise alors à éliminer l’ensemble des sécrétions cérumineuses, inflammatoires et/ou infectieuses qui encombrent le conduit et perturberont l’efficacité des produits de traitement

En première intention du liquide physiologique peut toujours dépanner, mais il est préférable d’utiliser des solutions de lavage vétérinaires dont la composition est spécialement adaptée à l’état du conduit ou à l’affection auriculaire identifiée.

Certaines solutionsseront ainsi indiquées lors d’irritation du conduit, d’autres lors de « bouchons de cerumen », d’autres enfin lors d’infection bactérienne, fongique ou parasitaire…

Nous vous indiquerons quel produit choisir en fonction des caractéristiques de votre animal.

La technique de nettoyage :

        Le nettoyage d’une oreille se fait en 4 étapes :

  1. Le remplissage : maintenir d’une main le pavillon de l’oreille à la verticale pour bien identifier l’entrée du conduit auditif externe (trou noir). Instiller dans ce dernier une bonne quantité de liquide de nettoyage comme si vous remplissiez un verre et jusqu’à même déborder.
  2. 2.  Massage de la base du conduit : ne pas hésiter à « presser » entre pouce et index la base du conduit cartilagineux en faisant un mouvement de massage de manière à bien répartir le liquide instillé dans l’ensemble du conduit et décrocher les sécrétions de sa paroi.
  3. Laisser le chien se secouer : et permettre ainsi aux sécrétions les plus profondes de remonter dans le conduit. Il est d’ailleurs conseillé de pratiquer ce nettoyage à l’extérieur de la maison pour éviter toutes projections sur le mobilier ou les murs…
  4. 4.  Séchage du conduit :

Le séchage consiste à introduire son index recouvert d’un papier absorbant doux (type kleenex) dans le conduit jusqu’à ce que vous ne puissiez plus avancer votre doigt puis réaliser des mouvements circulaires afin de récupérer les saletés mises en suspension par le liquide de nettoyage. On peut également réaliser un gros tampon de coton sur une pince (comme un gros coton tige) et effectuer des mouvements de remontée des sécrétions un peu comme avec une cuiller. Ces gestes sont à refaire plusieurs fois jusqu’à ce que votre papier ou votre coton ressortent propres.

Cette phase du nettoyage, fondamentale, est celle qui inquiète le plus souvent les propriétaires qui ont peur de blesser leur animal. Le conduit étant très long il est impossible d’atteindre le tympan. Il peut arriver qu’une inflammation marquée d’une oreille ou le caractère particulièrement sensible du patient puissent expliquer une réticence de l’animal à se laisser faire. Il faut alors adapter ses gestes pour procéder avec plus de lenteur et de douceur et ne pas hésiter à faire usage d’une muselière si nécessaire pour vous protéger.

Dans le cas ou vous ne parviendriez pas à réaliser ce soin nous sommes à votre disposition pour vous aider et trouver la solution la plus adaptée afin d’obtenir les meilleurs résultats.

Ce qu’il ne faut pas faire :

  • Nettoyer de façon excessive une oreille saine : la fréquence des nettoyages dépend de chaque animal mais un nettoyage tous les  quinze jours, à la limite hebdomadaire, est en général raisonnable
  • Utiliser des cotons tiges : à l’exception d’un usage pour passer entre les anfractuosités de la peau du pavillon externe, notamment chez le chat, il n’est pas recommandé d’enfoncer un coton tige dans l’oreille.  La manœuvre est aggressive pour la muqueuse et risque de créer un bouchon au fond du conduit
  • Utiliser des produits comme l’ether, l’alcool iodée, l’eau oxygénée… car ils sont très irritants.
  • Auto-médication : Mettre des pommades traitantes à base d’antibiotiques, d’anti-inflammatoires, d’anti-fongiques sans prescription ni suivi médical ne peut qu’entrainer un échec thérapeutique, voir une aggravation de l’otite avec passage à la chronicité. L’usage d’antibiotiques en aveugle favorise en effet le développement de résistance bactérienne
  • Instiller des produits dans une oreille sans savoir si le tympan est intègre : le vétérinaire vérifie cette intégrité en consultation à l’aide de son ophtalmoscope. Tout traitement en cas d’atteinte de la membrane du tympan peut induire une grave inflammation de l’oreille moyenne pouvant se manifester par un syndrome vestibulaire (tête penchée, troubles de l’équilibre) et contre indiquant la poursuite de ce type de traitement.